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Lou miéu premié baja ! (Mon premier baiser !) Paroles niçoises et musique François-Dominique Rondelly, dit Menica Rondelly. Traditionnel comté de Nice.
Valse lente.
Dédicace « A l’amic Marius Blanchi. »
| Récitatif |
Pische voulès che canti, ô vautre amic mieù, Vou preghi, vou demandi indulgensa per ieù, Farai doù mieù poussible per degun anujà, E coutàs ben, coumensi « Lou premié bajà ! » | | Puisque vous voulez que je chante, ô vous mes amis, Je vous prie, je vous demande indulgence pour moi, Je ferai mon possible pour n’ennuyer personne, Et écoutez bien, commence « Le premier baiser ! » |
1er couplet |
Un giou, embé Liseta, au détour d’un sentié, Escoutavan d’un merlou lou refren printanié ; Eravan ben soulet, m’en souvendrai tougiou, Lou manteù de la nuece brunissia lou giou. | | Un jour, avec Lisette, au détour d’un sentier, Nous écoutions d’un merle le refrain printanier ; Nous étions bien seuls, je m’en souviendrai toujours, Le manteau de la nuit brunissait le jour. |
Refrain |
Li labra s’aprouceroun E pi si counfounderoun, Souta doù gran siel blu Si dounerian doù « tu » ! O sublima caressa, Sighet de l’ivressa Divina voulutà, Lou mieù premié bajà ! | | Les lèvres s’approchèrent Et puis se confondirent, Sous le grand ciel bleu Se donnèrent du « tu » ! Ô sublime caresse, Signe de l’ivresse Divine volupté, Mon premier baiser ! |
2e couplet |
Una blanca peireta nen faghé reschià, Su lou gazoun, Liseta, toumbet en lu mieù bras, Lou merlou su li branca, temouan d’acheù malur, La sieù cansoun nen canta, acò, d’un er riur. | | Une petite pierre blanche fit resquille (1) Sur le gazon, Lisette tomba dans mes bras, Le merle sur les branches, témoin de ce malheur, Sa chanson en chante, celà, d’un air rieur. |
3e couplet |
Per noun avé vergougna, derangià lou tableù, Doù siel, la blanca luna, seré toui lu rideù, O sublime misteri ! lou merlou roucoulé E lou cuor de Liseta au mieù cuor si douné. | | Pour ne pas avoir honte, déranger le tableau, Du ciel, la blanche lune ferma tous les rideaux, Ô sublime mystère ! le merle roucoula Et le cœur de Lisette à mon cœur se donna. |
4e couplet |
La sieù cansoun finida lou merlou meloudious Souspiré su li branca lou refren dei espous ; La brisa de la nuece venghé nen revejà, S’esclaterian doù rire dintre d’un gros bajà. | | Sa chanson finie, le merle mélodieux Soupira sur les branches le refrain des époux ; La brise de la nuit vint nous réveiller, Nous éclatâmes de rire dans un gros baiser. |
1. Reschià ou resquihà : resquiller. Ici, comprendre « faillir ».
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