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La Niçarda (La Niçoise) Paroles niçoises Jules Eynaudi, dit Juli Eynaudi.
Dédicace « À monsieur Prosper Visconti ». Il semblerait que Prosper Visconti ait été commerçant à Nice. En effet, en 1902 a été déposée sous ce nom une demande de permis de construire afin de « peindre la devanture et l’inscription de son magasin Palais du Crédit lyonnais, avenue de la Gare ». Était-il ami de Juli Eynaudi ?
| 1er couplet |
Doun es aquela doumaïsela Portant la toileta tant ben, Mé la figura fresca, bela Pi d’adourable pichoui pen ; La taia tant ben fuselada Per fa ressourti lu countour ? Couor mascle, batès la chamada S’avesinès parrier amour. | | Où est cette demoiselle Portant si bien la toilette, Avec la figure fraîche, belle Et puis d’adorables petits pieds ; La taille si bien fuselée Pour faire ressortir les contours ? Cœurs mâles, battez la chamade (1) Si vous voisinez un pareil amour. |
Refrain |
Es la Niçarda ; Qu la regarda Mé passioun n’en deven amourous. O calegnaire, Avès bèu faire, La Niçarda v’aurà pèr espous. | | C’est la Niçoise ; Qui la regarde Avec passion en devient amoureux. Ô amoureux, Vous avez beau faire, La Niçoise vous aura pour époux. |
2e couplet |
Doun es aquela brava fiha, Que va travaià tout un an, Raportant à la siéu famiha De beli peça de vint franc ? Aco farà marchà la barca. La pàura si garderà ren ; La modestia si remarca Su d’aquela fiha de ben. | | Où est cette brave fille, Qui va travailler toute l’année, Rapportant à sa famille De belles pièces de vingt francs ? Cela fera marcher la barque. La belle ne se gardera rien ; La modestie se remarque Sur cette fille de bien. |
3e couplet |
Pouden fà lou tour de la Terra Pèr travail o pèr agremen, Pèr ribotà, pèr fà la guerra, Après quoura s’en revenen : Proclameren qu’en tout lou mounde Una frema basta nen plas, Una qu’en lou siéu couor escounde Joia, bouonur, amour e paz. | | Nous pouvons faire le tour de la Terre Pour [le] travail ou pour [l’]agrément, Pour faire ribote, pour faire la guerre, Après quand nous en revenons : Nous proclamerons que dans tout le monde Une femme seulement nous plaît, Une qui dans son cœur cache Joie, bonheur, amour et paix. |
4e couplet |
Doun es aquela frema brava Que dintre de la siéu maïoun Baila, pressa, courdura, lava Pèr espargnà lou picaïoun ; Que souven farà de miracle Pèr gouvernà pichoui me gran, Dounan jamaï coum’ spectacle De brut esemple ai siéu enfan ? | | Où est cette femme brave Qui, dans sa maison, Élève un nourrisson, repasse, coud, lave Pour épargner les picaillons ; Qui souvent fera des miracles Pour nourrir petits et grands, Ne donnant jamais comme spectacle De mauvais exemple à ses enfants ? |
Dernier refrain |
Siès tu, Niçarda ; Qu ti regarda, De la siéu vida t’aimera toujou. Vertu celesta, Ti faguen festa, Tant que vieuras, passeren de bei jou. | | C’est toi, Niçoise ; Qui te regarde De sa vie t’aimera toujours. Vertu céleste, Nous te faisons fête, Tant que tu vivras, nous passerons de beaux jours. |
1. Chamada : chamade. Autrefois, batterie de tambour ou sonnerie (de clairon, de fifre...) qui annonçait l’intention d’une ville assiégée de capituler. Battre la chamade : en parlant du cœur, battre fort sous l’effet d’une émotion très violente.
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