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Le Grand Projet Paroles François Marchant, chansonnier royaliste (1761-1793). Sur l’air Le saint craignant de pécher. (Source : F. Moureau, E. Wahl.)
Chanson satirique anticonstitutionnelle de 1791 ayant connu — surtout grâce à son refrain — un succès certain pendant la Révolution française, qui visait Condorcet, l’homme à projets, et Danton, le tyran. Dans le refrain, le bégaiement volontaire sur les syllabes du mot « république » a comme effet de rendre la chose ridicule.
| 1er couplet |
Un soir, disait Condorcet
À plus d’un confrère,
J’ai dans la tête un projet
Qui pourra vous plaire :
Il nous faut, mes chers amis,
Établir en ce pays
Une ré, ré, ré,
Une pu, pu, pu,
Une ré,
Une pu,
Une république
D’une forme unique. |
2e couplet |
Danton voulait de Louis
Porter la couronne,
Mais bientôt à mes avis
Danton s’abandonne.
Car il pense comme moi
Que rien ne vaut mieux, ma foi,
Qu’une ré, ré, ré,
Qu’une pu, pu, pu,
Qu’une ré,
Qu’une pu,
Qu’une république
Bien démocratique. |
3e couplet |
On porte aux cieux un héros
Tant qu’il est utile,
On jouit de ses travaux,
Ensuite, on l’exile (1). Cela n’est pas trop décent,
Mais c’est l’usage pourtant
D’une ré, ré, ré,
D’une pu, pu, pu,
D’une ré,
D’une pu,
D’une république
Bien démocratique. |
4e couplet |
Sans craindre d’un importun
Les discours infâmes,
Nous mettrons tout en commun
Jusques à nos femmes.
Si nous agissons ainsi,
C’est pour mieux saisir l’esprit
D’une ré, ré, ré,
D’une pu, pu, pu,
D’une ré,
D’une pu,
D’une république
Bien démocratique. |
1. « On sait que dans les républiques anciennes les citoyens qui acquéraient une trop grande prépondérance devenaient suspects, et c'était pour les éloigner de leur patrie qu'on avait établit à Athènes la loi de l'ostracisme. On ne s'en tint pas là, et plusieurs payèrent de leur vie les services qu'ils avaient rendus à l'État. » (La note est de François Marchant.)
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© 2001-2013 Jean-Gabriel Maurandi
Page créée le 22 octobre 2008. Mise à jour le 29 janvier 2009.

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