D'argent à une aigle de gueules, au vol abaissé, membrée, becquée et couronnée d'or, empiétant une montagne de trois coupeaux de sable issant d'une mer d'azur mouvant de la pointe et ondée d'argent.

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Au fifre niçois - Les traditions musicales du comté de Nice (MTCN)Musique traditionnelle du comté de Nice
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 Vous êtes ici : Accueil > Lexique. Dimanche 5 avril 2020, sainte Irène de Thessalonique (Rameaux). 
Le mois d’avril est cousu de mauvais fil. 
 

Lexique nissart (niçois)

Ce lexique n’a pas la prétention d’un dictionnaire niçois-français exhaustif, mais simplement d’expliquer succinctement quelques mots nissart récurrents dans les chansons traditionnelles du comté de Nice.

aberge : désigne un mur monté en pierres sèches.
Cité dans Li Bigneta.

l’Avenue : à Nice, « l’Avenue » prolonge vers le sud l’avenue Malausséna, en reliant la gare SNCF à la place Masséna. Initialement appelée avenue de la Gare (lors de la mise en service le 18 octobre 1864 du terminus de la ligne PLM, la gare de Nice était alors située en pleine campagne, en prévision du développement de la ville vers le nord), puis rebaptisée avenue de la Victoire en 1919, aujourd’hui renommée avenue Jean-Médecin. Son tracé nord-sud a longtemps accueilli le corso du carnaval avant son déplacement en 2005 vers la promenade des Anglais, en raison des travaux en centre-ville pour le tram (ainsi que de la tenue cette année-là du sommet de l’OTAN).
Cité dans Carnaval niçois.

aver ou average : troupeau de bétail, plus précisément un troupeau d’ovins (de aver, avoir, posséder).
Cité dans Au masage, Lo Fantome Pellegrin, Maria Caté, Ouferta de Calèna, Lou Vaquié.

Babazouk : surnom du Vieux-Nice (de l’arabe bab al souk, la « porte du souk »).

cairèu : ou « fanchon », diminutif du prénom « Françoise ». Le cairèu désigne le fichu ou le petit foulard plié en triangle, les pointes nouées sous le menton, que les femmes portaient sur la tête les jours de fête en remplacement de la capelina. « Le fanchon de nos paysannes était bordé de plis godronnés qui se relevaient sur le visage » (Georges Castellana, Dictionnaire niçois-français). L’illustration montre quatre plis portés ici en arrière de la tête.
Le même Georges Castellana indique trois façons de plier : plegà (plier, sous forme de grecque en « L »), crespà (crêper, sous forme d’ondulations) et canounà (godronner, sous forme de grecque en « T »). Li filha canounavon à la pàia lu cairèu dantelat (Les filles pliaient à la paille les fanchons dentelés).
Cité dans A San-Brancai, Farandola de printèms, Jan, Jausé, Mazurka souta l’oulivié, La Nissarda, Li Pescairis.
caireu, fanchon Lexique nissart (niçois) du comté de Nice
 D’après Paul Émile Barberi (Rome, 1775 - Nice, 1847), Niçoises, 1831, détail.

calen : ancienne lampe romaine à huile, chaleil. Au sens figuré, personne malpropre.
Cité dans A la cabana de Betelen, La Calignèra, Fai anà, Guihaume, Tòni, Pèire, La Luerna, Nissa la bella.

capelina : désigne le large chapeau en paille tressée, rond et plat, porté au quotidien par les femmes pour se protéger du soleil ou... de la pluie ! Mais les jours de fête, les femmes nouent sur leur tête le cairèu (le fanchon), la capelina reste alors accrochée à la taille. Cette capelina est devenue un accessoire symbolique du costume traditionnel niçois, en lui donnant une identité visuelle forte.
Cité dans À Cimiès damoun, La Bella Bouquetiera, Cantan, balan per tu, Nissa, Farandola de printèms, Nissa la bella, La Nissarda, La Rouseta de Nanoun, Rouseta la pastressa.
capelina D’après Gustav Adolf Mossacapelina D’après Vittorio Garnier-Valetti
D’après Gustav Adolf Mossa (gauche),
d’après Vittorio Garnier-Valetti, Niçoises, 1852, détail (droite).

chamada ou ciamada : aubade, petit concert donné sous les fenêtres ou à la porte de quelqu’un avant de lui présenter la cocarde et recueillir son offrande (de chamà, appeler). J.-B. Calvino précise « cérémonie qui ne se pratique plus que dans les campagnes : au premier jour de l’an, au commencement de la fête d’un village ».
Cité dans Lu Capitani de quartié, Les circonstances, Innou Seguran, Nouvè.

chaudèu : l’échaudé, ou gimblette, est un gâteau léger fait avec de la pâte échaudée, qui est séchée au four. Il peut être servi mou, aromatisé à l’eau de fleur d’oranger, ou dur, parfumé à l’anis. Ce gâteau niçois est différent de la fougasse provençale.
Cité dans À Cimiès damoun, Ah ! Ah ! Lu Cougourdoun, Farandola de printèms, Lou Festin dei cougourdoun, Lou Festin dai rangou, La Fiha dòu chapacan.

dorca ou dourca : burette en fer-blanc, utilisée à table pour l’huile (d’olive !) comestible (de orca, tonneau). Désigne aussi le récipient déposé à l’église dans lequel les fidèles déposent l’huile destinée à entretenir la flamme du Saint sacrement.
Cité dans La Ben Caussada, Nouvè doi Boiroulencs.

fougairoun ou fougueiroun ou fugairoun : l’âtre, le foyer (lieu où l’on fait le feu dans la cheminée et, par extension, lieu où habite la famille), le coin du feu. Désigne aussi le fourneau de cuisine placé au-dessus du feu dans la cheminée, ainsi que l’affouage (impôt par le feu, du latin focaris, qui appartient au foyer).
Cité dans L’Iver, La Miéu Bella Nissa, O, santa nuech, La Pesca, Lou Pichin Ome, La Regina dòu mai, Lou Vaquié, Viva la pesca !

lauvanié : rouleau pour étendre et abaisser la pâte. Désigne également la planche de bois généralement circulaire (ou plaque de marbre) dont se servent les pâtissiers, ainsi que les lasagnes et la pâte fraîche aplatie. D’autre part, laua, lausa, lausan, lausiera, lauva, lauvan, lauvanié et lauviera désignent la lause (ou lauze), l’ardoise, la pierre plate utilisée pour couvrir les toitures.
Cité dans O, santa nuech, La Pastoura.

Marina : jusqu’au début du XVIIIe siècle, ce nom propre désigne la halle aux poissons dans le Babazouk (c’est-à-dire le Vieux-Nice), puis, par extension, le quartier des halles (situé autour de l’actuel cours Saleya – au pied de la colline du château, côté ouest –, bordé par l’anse des Ponchettes) et la population qui l’habite.
Cité dans À la bella poutina, Lu Capitani de quartié, Nissa la bella, Li Pescairis.

Mascouïnà : un autre quartier du Babazouk.
Cité dans Nissa la bella.

Paihoun ou Pailloun ou Païoun ou Palhon : le Paillon est le fleuve côtier qui arrose Nice, du nord au sud. Il est aujourd’hui couvert sur les derniers kilomètres de son cours.
Païoun ven (le Paillon « vient », c’est-à-dire déborde) : cri d’alerte que lançaient les Niçois riverains du fleuve côtier, prévenant de ses crues soudaines et redoutables. Et, a contrario : Paioun noun ven se noun es trouble (Le Paillon ne « vient » pas s’il n’est pas trouble).
Cité dans La Blea, La Fiha dòu chapacan, Innou Seguran, Lu Mai d’en carriera, Lu Millioun de Carneval, Nissa la bella, Niça rebèla, Viva l’estocafic.

pan bagnat ou pan bagna : (« pain mouillé ») ancêtre local du « sandwich américain », composé principalement de tomates, d’anchois et de crudités, largement arrosé d’huile (d’olive !).
Cité dans A San-Brancai, Lu Cougourdoun, Farandola de printèms, Lou Festin dei cougourdoun, Lou Festin dai rangou, Lou Rèi vutanta vuech, Salut à Levens.

poulì : polir, doucir et aussi blanchir.

poulida (féminin) ou poulidi (féminin pluriel) ou poulit (masculin) : poli, avenant, joli et aussi doux, blanc.
Cité dans Li Baumeta, Carnaval niçois, Chut ! teisas-vous, El Desembre congelat, Lou queitivié d’aquéu marrit estable, La Rouseta de Nanoun, Lou Tint dòu moulin, Vaqui lo polit mes de mai, Zon-zon.

poutina : frai (alevin) de petits poissons (sardine, blanchaille).
Cité dans À la bella poutina, Zon-zon.

redouta ou redoute : cf. infra veglioni.
Cité dans À tu ! À iéu ! Carnaval niçois.

Saleya : situé au sud du Babazouk près de la mer, « le cours » Saleya est le centre de l’ancien quartier de la Marina. Il est célèbre pour son marché aux fleurs. Le cours Saleya a accueilli dès 1873 les premiers corso carnavalesques.
Cité dans Fai anà.

sauma ou saumeta ou saumin : bête de somme, animal employé à porter des fardeaux (mule, mulet, etc.) (du latin sagma, bât, charge, et du bas latin salma, fardeau). Mais le nissart n’emploie sauma que pour désigner la seule ânesse (âne : àe, mule : mula, mulet : mùou). Le diminutif saumeta désigne la jeune ânesse, et saumin l’ânon.
Cité dans Cansoun dei mensònegai, Lu Doui Ae, Dòu tèms de l’Empèri rouman, Duèrme, bèu bambin, Lou Festin dai magou, Lou Miéu Ae, Venès virà lou mai.

sirigauda : grand froid. Au figuré, volée de coups. Batre la sirigauda ou sirigaudà (de « rigaudon » et du latin gaudere, se réjouir) : battre la semelle, grelotter de froid ; danse d’hiver pour se réchauffer. Faire balà la sirigauda : donner une bonne volée de coups.
Cité dans Lou Festin dai rangou, La Sirigauda.

veglione et redoute, ou veglioni et redouta : sortes de bals masqués organisés pendant la période de carnaval dans des théâtres à l’« italienne ». Il s’agit de journées spécifiques, très prisées au XIXe siècle et à la Belle Époque, au cours desquelles la population (essentiellement la bourgeoisie niçoise et les riches hivernants français et étrangers), déguisée selon un code de couleur très précis et rigoureux, se retrouve à l’opéra ou au casino. Après la seconde guerre mondiale, le veglione sera peu à peu remplacé par la « Nuit de Nice ».
Cité dans À tu ! À iéu !

 

Les éléments lexicaux sont extraits, pour partie, de :
     • Avril (J. T.), Dictionnaire provençal-français, Apt, 1839 ;
     • Boucoiran (L.), Dictionnaire analogique & étymologique des idiomes méridionaux, Nîmes, 1875 ;
     • Calvino (Jean-Baptiste), Nouveau dictionnaire niçois-français ;
     • Castellana (Georges), Dictionnaire niçois-français.

© 2001-2020 Jean-Gabriel Maurandi.


musiques traditionnelles du comté de Nice pour fifre et farandole

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