D'argent à une aigle de gueules, au vol abaissé, membrée, becquée et couronnée d'or, empiétant une montagne de trois coupeaux de sable issant d'une mer d'azur mouvant de la pointe et ondée d'argent.

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Au fifre niçois - Les traditions musicales du comté de Nice (MTCN)Musique traditionnelle du comté de Nice
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Lexique nissart (niçois)

Ce lexique n’a pas la prétention d’un dictionnaire niçois-français exhaustif, mais simplement d’expliquer succinctement quelques mots, expressions ou toponymes nissart récurrents dans les chansons traditionnelles du comté de Nice.

abat ou abbat : abbé de la jeunesse, c’est-à-dire directeur et organisateur des fêtes et des bals dans les villages du comté de Nice. Son rôle correspond au besoin de contrôler les abus et dérives des réjouissances. Terme souvent suivi de mage (le plus âgé, le plus grand, le premier), pour indiquer que l’abat-mage joue le premier rôle dans les fêtes patronales, festins et romérages. Par exemple, c’est lui qui offre le coq pendant l’ouferta dòu festin (l’offerte des festins) et conduit la farandole dans les rues du village.
Cité dans Lou Rèi vutanta vuech, Lu Tres Embriac.

aberge : désigne un mur monté en pierres sèches.
Cité dans Li Bigneta.

l’Avenue : à Nice, « l’Avenue » prolonge vers le sud l’avenue François-Malausséna, en reliant la gare SNCF à la place Masséna. Son tracé a été envisagé dès le début du XIXe siècle, en prévision du développement vers le nord de la ville nouvelle. Ouverte en septembre 1864 sous le nom d’avenue du Prince-Impérial (en hommage à l’empereur Napoléon III), débaptisée (après la chute du Second Empire en 1870) en avenue de la Gare (lors de la mise en service le 18 octobre 1864 du terminus de la ligne PLM, la gare de Nice était alors située en pleine campagne), puis rebaptisée en 1919 avenue de la Victoire, aujourd’hui renommée avenue Jean-Médecin après le décès de cet ancien maire de Nice. Son tracé nord-sud a longtemps accueilli le corso du carnaval avant son déplacement en 2005 vers la promenade des Anglais, en raison des travaux en centre-ville pour le tram (ainsi que de la tenue cette année-là du sommet de l’OTAN).
Cité dans Carnaval niçois.

aver ou average : troupeau de bétail, plus précisément un troupeau d’ovins (de aver, avoir, posséder).
Cité dans Au masage, Lo Fantome Pellegrin, Maria Caté, Ouferta de Calèna, Lou Vaquié.

Babazouk (de l’arabe bab al souk, la « porte du souk ») : surnom du Vieux-Nice, qui s’étend vers l’ouest au pied de la colline du château. De forme approximativement triangulaire, le Babazouk est limité à l’est par la colline du château, à l’ouest par le Paillon et au sud par la Méditerranée. Le Babazouk comprend plusieurs quartiers : le Malouna, la Marina, le Mascouïnà, etc.

cairèu : ou « fanchon », diminutif du prénom « Françoise ». Le cairèu désigne le fichu ou le petit foulard plié en triangle, les pointes croisées sous le menton puis nouées sur le dessus de la tête, que les Niçoises portaient les jours de fête en remplacement de la capelina. Sous le cairèu, les cheveux longs sont coiffés en touorsa (torsade enroulée en couronne, maintenue par des rubans). « Le fanchon de nos paysannes était bordé de plis godronnés qui se relevaient sur le visage » (Georges Castellana, Dictionnaire niçois-français). L’illustration montre quatre plis portés ici vers l’arrière de la tête.
Le même Georges Castellana indique trois façons de plier : plegà (plier, sous forme de grecque en « L »), crespà (crêper, sous forme d’ondulations) et canounà (godronner, sous forme de grecque en « T »). Li filha canounavon à la pàia lu cairèu dantelat (Les filles pliaient à la paille les fanchons dentelés).
Cité dans A San-Brancai, Farandola de printèms, Jan, Jausé, Mazurka souta l’oulivié, La Nissarda, Li Pescairis.
caireu, fanchon Lexique nissart (niçois) du comté de Nice
 D’après Paul Émile Barberi (Rome, 1775 - Nice, 1847), Niçoises, 1831, détail.

calen : ancienne lampe romaine à huile, chaleil. Au sens figuré, personne malpropre.
Cité dans A la cabana de Betelen, La Calignèra, Fai anà, Guihaume, Tòni, Pèire, La Luerna, Nissa la bella.

canoun : le « canon de midi ». La légende rapporte que sir Thomas More, en villégiature à l’hôtel Chauvin de Nice en 1861, avait une épouse si bavarde que seul un coup de canon pouvait la faire taire afin de passer à table. Avec l’accord de François Malausséna, maire de Nice à cette époque, cet Anglais fit installer à ses frais un petit canon sur la terrasse du château, qu’un canonnier faisait tonner tous les jours à midi, en même temps qu’un globe doré était hissé en haut d’un mât au dessus de l’hôtel. Après le départ de sir Thomas en 1866, le canon resta muet. Conséquence, les horloges de la ville se désynchronisèrent ! Un décret du 19 novembre 1875 rétablit le canonnier dans ses fonctions, et le canon fut déclenché à la levée du globe doré, désormais installé au dessus du théâtre italien. De nos jours, le canon a été remplacé par un tir de mortier de feu d’artifice.
Cité dans Lou Rèi vutanta vuech, Sus la grava.

capelina : désigne le large chapeau en paille tressée, rond et plat, porté au quotidien par les femmes pour se protéger du soleil ou... de la pluie ! Mais les jours de fête, les femmes nouent sur leur tête le cairèu (le fanchon), la capelina reste alors accrochée à la taille. Cette capelina est devenue un accessoire symbolique du costume traditionnel niçois, en lui donnant une identité visuelle forte.
Cité dans À Cimiès damoun, La Bella Bouquetiera, Cantan, balan per tu, Nissa, Farandola de printèms, Nissa la bella, La Nissarda, La Rouseta de Nanoun, Rouseta la pastressa.
capelina D’après Gustav Adolf Mossacapelina D’après Vittorio Garnier-Valetti
D’après Gustav Adolf Mossa (gauche),
d’après Vittorio Garnier-Valetti, Niçoises, 1852, détail (droite).

chamada ou ciamada : aubade, petit concert donné sous les fenêtres ou à la porte de quelqu’un avant de lui présenter la cocarde et recueillir son offrande (de chamà, appeler). J.-B. Calvino précise « cérémonie qui ne se pratique plus que dans les campagnes : au premier jour de l’an, au commencement de la fête d’un village ».
Cité dans Lu Capitani de quartié, Les circonstances, Innou Seguran, Nouvè.

chaudèu : l’échaudé, ou gimblette, est un gâteau léger fait avec de la pâte échaudée, qui est séchée au four. Il peut être servi mou, aromatisé à l’eau de fleur d’oranger, ou dur, parfumé à l’anis. Ce gâteau niçois est différent de la fougasse provençale.
Cité dans À Cimiès damoun, Ah ! Ah ! Lu Cougourdoun, Farandola de printèms, Lou Festin dei cougourdoun, Lou Festin dai rangou, La Fiha dòu chapacan.

defici (du latin aedificium, édifice) : moulin actionné par l’eau et produisant de l’huile d’olive.
Cité dans Lou Vièi Defici.

dorca ou dourca : burette en fer-blanc, utilisée à table pour l’huile (d’olive !) comestible (de orca, tonneau). Désigne aussi le récipient déposé à l’église dans lequel les fidèles déposent l’huile destinée à entretenir la flamme du Saint sacrement.
Cité dans La Ben Caussada, Nouvè doi Boiroulencs.

felibre : membre du Felibrige.
Cité dans Coupo santo.

Felibrige : mouvement culturel pour la conservation et la renaissance de la langue et des traditions provençales, fondé le 21 mai 1854 par sept poètes : Théodore Aubanel, Jean Brunet, Paul Giera, Anselme Mathieu, Frédéric Mistral, Joseph Roumanille et Alphonse Tavan. Frédéric Mistral en a été le plus illustre représentant.
Dans ses Mémoires et récits, Frédéric Mistral raconte la raison du choix de ce mot felibre, en faisant référence à un vieux récit populaire transmis, à Maillane, de bouche à oreille :
« Monseigneur saint Anselme lisait (...) Car vous étiez dans le temple | Où vous vous disputiez | Avec les scribes de la Loi | Avec les sept felibres de la Loi
— Les sept felibres de la Loi, mais c’est nous autres ! s’écria la tablée(a). Va pour felibre ! »

(a) La tablée des poètes réunis le 21 mai 1854 autour de Frédéric Mistral.

fougairoun ou fougueiroun ou fugairoun (du latin focaris, qui appartient au foyer) : l’âtre, le foyer (lieu où l’on fait le feu dans la cheminée et, par extension, lieu où habite la famille), le coin du feu. Désigne aussi le fourneau de cuisine placé au-dessus du feu dans la cheminée, ainsi que l’affouage (impôt par le feu).
Cité dans L’Iver, La Miéu Bella Nissa, O, santa nuech, La Pesca, Lou Pichin Ome, La Regina dòu mai, Lou Vaquié, Viva la pesca !

lauvanié : rouleau pour étendre et abaisser la pâte. Désigne également la planche de bois généralement circulaire (ou plaque de marbre) dont se servent les pâtissiers, ainsi que les lasagnes et la pâte fraîche aplatie. D’autre part, laua, lausa, lausan, lausiera, lauva, lauvan, lauvanié et lauviera désignent la lause (ou lauze), l’ardoise, la pierre plate utilisée pour couvrir les toitures.
Cité dans O, santa nuech, La Pastoura.

Malouna (de maloun, brique, carreau, mallon, tomette) : un des quartiers du Babazouk, ainsi nommé parce que le chemin était pavé de mallons, ou bien parce que la corporation des briquetiers et carreleurs – prospère au Moyen Âge – y avait son siège.
Cité dans La Ben Caussada, La Cansoun dai babarota.

Marina : jusqu’au début du XVIIIe siècle, ce nom propre désigne la halle aux poissons dans le Babazouk (c’est-à-dire le Vieux-Nice), puis, par extension, le quartier des halles (situé autour de l’actuel cours Saleya – au pied de la colline du château, côté ouest –, bordé par l’anse des Ponchettes) et la population qui l’habite.
Le nom de ce quartier vient de la porte de la Mer, ou porte Marine, une entrée pratiquée dans la partie sud de la muraille, parallèle à la Méditerranée, qui protégeait la vielle ville, avant sa destruction lors du siège de Nice en 1706.
Cité dans À la bella poutina, Lu Capitani de quartié, Nissa la bella, Li Pescairis.

Mascouïnà : un autre quartier du Babazouk, où l’on mangeait dans des gargottes mal famées une nourriture vraisemblablement màu couhinat, mal cuisinée.
Cité dans Nissa la bella.

moulin : terme générique pour désigner le moulin (du latin mola, meule). Dans le comté de Nice, les vents sont trop irréguliers pour qu’ils puissent être utilisés afin d’actionner des moulins à vent. L’un des très rares exemples est le moulin à vent installé au mont Boron en 1683, qui fut aussitôt comdamné par manque de vent ! Mais les montagnes et collines du comté sont une source très importante d’énergie hydraulique, qui a été très tôt utilisée pour actionner les différentes variantes du moulin à eau :
     • le moulin à gran (moulin à grains) destiné à broyer les céréales pour en extraire la farine (blé, sarrasin, seigle...), ou à écraser les fruits (noix) ;
     • le defici qui produit l’huile d’olive ;
     • le paradou (ou paraire) pour fouler les fibres (chanvre, laine, lin) des draps et toiles ;
     • ainsi que les autres utilisations « industrielles » :
- le martinet (marteau-pilon) pour le travail des métaux,
- la serra à aiga (scierie à eau) pour celui du bois,
- et, plus rares : le « moulin à tan » pour broyer les écorces (chêne, bouleau) et produire le tan destiné à tanner les peaux ou rendre imputrescibles les filets des pêcheurs, et le « moulin à papier » pour triturer la pâte à papier.
D’autres énergies ont été utilisées dans le comté pour actionner les moulins : le moulin à sanc (moulin à sang) utilisait la force animale (souvent l’âne) ou humaine (la femme). Quant au moulin à paroles, il s’agit du batarèu (cliquet).
Cité dans Lou Festin dai magou, Nona, bressa, La Rouseta de Nanoun, Lou Tint dòu moulin, Viva l’estocafic !

Paihoun ou Pailloun ou Païoun ou Palhon : le Paillon est le fleuve côtier qui arrose Nice, du nord au sud. Il est aujourd’hui couvert sur les derniers kilomètres de son cours.
Païoun ven (le Paillon « vient », c’est-à-dire déborde) : cri d’alerte que lançaient les Niçois riverains du fleuve côtier, prévenant de ses crues soudaines et redoutables. Et, a contrario : Paioun noun ven se noun es trouble (Le Paillon ne « vient » pas s’il n’est pas trouble).
Cité dans La Blea, La Fiha dòu chapacan, Innou Seguran, Lu Mai d’en carriera, Lu Millioun de Carneval, Nissa la bella, Niça rebèla, Sus la grava, Viva l’estocafic.

pan bagnat ou pan bagna : (« pain mouillé ») ancêtre local du « sandwich américain », composé principalement de tomates, d’anchois et de crudités, largement arrosé d’huile (d’olive !).
Cité dans A San-Brancai, Lu Cougourdoun, Farandola de printèms, Lou Festin dei cougourdoun, Lou Festin dai rangou, Lou Rèi vutanta vuech, Salut à Levens.

paradou ou paraire : moulin actionné par l’eau destiné à fouler les fibres (chanvre, laine, lin) des draps et toiles.

poulì : polir, doucir, décaper (les métaux), lisser et aussi blanchir.

poulida (féminin) ou poulidi (féminin pluriel) ou poulit (masculin) : poli, avenant, joli et aussi doux, blanc.
Cité dans Li Baumeta, Carnaval niçois, Chut ! teisas-vous, El Desembre congelat, Lou queitivié d’aquéu marrit estable, La Rouseta de Nanoun, Lou Tint dòu moulin, Vaqui lo polit mes de mai, Zon-zon.

poutina : frai (alevin) de petits poissons (sardine, blanchaille).
Cité dans À la bella poutina, Zon-zon.

redouta ou redoute : cf. infra veglioni.
Cité dans À tu ! À iéu ! Carnaval niçois.

Saleya : situé au sud du Babazouk près de la mer, « le cours » Saleya est le centre de l’ancien quartier de la Marina. Tour à tour marché aux fruits, légumes, semences potagères ou poissons, salle de fêtes ou lieu d’exposition... selon les époques, il est de nos jours célèbre pour son marché aux fleurs. Le cours Saleya a accueilli dès 1873 les premiers corso carnavalesques.
Cité dans Fai anà.

sauma ou saumeta ou saumin : bête de somme, animal employé à porter des fardeaux (mule, mulet, etc.) (du latin sagma, bât, charge, et du bas latin salma, fardeau). Mais le nissart n’emploie sauma que pour désigner la seule ânesse (âne : àe, mule : mula, mulet : mùou). Le diminutif saumeta désigne la jeune ânesse, et saumin l’ânon.
Cité dans Cansoun dei mensònegai, Lu Doui Ae, Dòu tèms de l’Empèri rouman, Duèrme, bèu bambin, Lou Festin dai magou, Lou Miéu Ae, Venès virà lou mai.

sirigauda : grand froid. Au figuré, volée de coups. Batre la sirigauda ou sirigaudà (de « rigaudon » et du latin gaudere, se réjouir) : battre la semelle, grelotter de froid ; danse d’hiver pour se réchauffer. Faire balà la sirigauda : donner une bonne volée de coups.
Cité dans Lou Festin dai rangou, La Sirigauda.

veglione et redoute, ou veglioni et redouta : sortes de bals masqués organisés pendant la période de carnaval dans des théâtres à l’« italienne ». Il s’agit de journées spécifiques, très prisées au XIXe siècle et à la Belle Époque, au cours desquelles la population (essentiellement la bourgeoisie niçoise et les riches hivernants français et étrangers), déguisée selon un code de couleur très précis et rigoureux, se retrouve à l’opéra ou au casino. Après la seconde guerre mondiale, le veglione sera peu à peu remplacé par la « Nuit de Nice ».
Cité dans À tu ! À iéu !

 

Les éléments lexicaux sont extraits, pour partie, de :
     • Avril (J. T.), Dictionnaire provençal-français, Apt, 1839 ;
     • Boucoiran (L.), Dictionnaire analogique & étymologique des idiomes méridionaux, Nîmes, 1875 ;
     • Calvino (Jean-Baptiste), Nouveau dictionnaire niçois-français ;
     • Castellana (Georges), Dictionnaire niçois-français.

© 2001-2020 Jean-Gabriel Maurandi.


musiques traditionnelles du comté de Nice pour fifre et farandole

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