D'argent à une aigle de gueules, au vol abaissé, membrée, becquée et couronnée d'or, empiétant une montagne de trois coupeaux de sable issant d'une mer d'azur mouvant de la pointe et ondée d'argent.

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Au fifre niçois - Les traditions musicales du comté de Nice (MTCN)Musique traditionnelle du comté de Nice
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Temps humide de juin fait grand chagrin. 
 

Éléments historiques du comté de Nice

1. Les Phocéens à Nice : la présence grecque
2. De la viguerie provençale au comté de Nice
3. La dédition de 1388
4. Les barbets et la première annexion de 1792
5. L’annexion de 1860

Le but de cette page n’est pas de présenter une vision exhaustive de l’histoire du comté de Nice – qui n’aurait pas sa place dans un site dédié à la musique traditionnelle –, mais simplement de donner des repères historiques permettant de mieux comprendre comment les traditions musicales du comté s’insèrent dans la trame historique, brassée et agitée, du pays niçois.

Les Phocéens à Nice : la présence grecque

Texte

(D’après Xxx, Xxx)

De la viguerie provençale au comté de Nice

Pour administrer efficacement son empire, compte tenu de son étendue, Charlemagne décide de mettre en place des représentants locaux qui exercent le pouvoir en son nom, dans un territoire précis et délimité. L’empire carolingien est donc divisé en circonscriptions à la tête desquelles l’empereur nomme des fonctionnaires. Ceux-ci reçoivent des titres correspondant essentiellement à leur pouvoir militaire : dux, ou duc – le chef –, et marquis qui administrent les marquisats ou marches, ces territoires frontaliers ; comte, qui administre un comté, territoire ordinaire. Autour de Nice existent à l’est le comté de Vintimille, au nord le marquisat d’Ivrée puis de Piémont. Nice est une ville du comté de Provence. Plus loin, existent le comté de Savoie et le marquisat d’Italie.
Durant la première moitié du IXe siècle, les invasions normandes au nord, hongroises à l’est et sarrasines au sud menacent et affaiblissent l’empire carolingien. Charlemagne ne peut faire face ; ses représentants locaux, au contact de la réalité, confisquent peu à peu le pouvoir à leur profit, s’accaparent terres domaniales et autorité de justice, créent des dynasties. Progressivement, duchés, marquisats et comtés deviennent de petits États, qui vont se transmettre par voie héréditaire. En Provence s’installent les Bosonides, dynastie fondée par Boson, dernier fonctionnaire carolingien et premier comte « autonome » de Provence. Mais du fait des difficultés de communication de cette époque, le pouvoir des ducs, marquis et comtes est trop faible ; ceux-ci délèguent à leur tour auprès de fonctionaires locaux, sans titres, payés en terres et en droits, qui vont devenir localement autonomes, puissants et riches. Le comte de Provence lui-même n’exerce réellement son pouvoir que sur la région autour d’Arles, la capitale.
À partir de 972, la coalition du comte de Provence et du marquis de Piémont réussit à repousser les Sarrasins. Le repeuplement qui s’ensuit provoque une « renaissance » tout à la fois humaine, économique, urbaine, politique et sociale. Ne pouvant trouver sur place les administrateurs de confiance nécessaires, les comtes de Provence recrutent dans la basse vallée du Rhône des nobles qu’ils connaissent, pour leur confier la gestion des territoires autour de Nice. La noblesse niçoise est alors arlésienne ou avignonaise, ainsi en est-il des Thorame, Faucon ou Glandèves. Mais les premiers « seigneurs », Odile et son fils Rostaing, ne semblent toutefois pas fonder une réelle dynastie. D’abord avec le titre de vicomte (c’est-à-dire vice-comte, simple représentant du comte, sans autonomie réelle) aux Xe et XIe siècles, puis avec celui de viguier à partir du XIIIe siècle (Nice n’est que l’une des vingt-huit vigueries du comté de Provence), ces fonctionnaires ne parviendront jamais à exercer pleinement leur pouvoir face à la résistance des Niçois qui cherchent à ériger la ville en commune, à l’exemples de Gênes. Quant à la pyramide féodale, sa hiérarchie n’apparaît pas aussi clairement dans notre région que dans la France septentrionale.
Dès le XIe siècle, deux situations se superposent : Nice et quelques villages de l’arrière-pays, dont Lucéram, Sospel, Utelle, se constituent en « républiques communales » ; dans le reste de la montagne, les anciens protégés des comtes de Provence se taillent peu à peu des fiefs dont ils deviennent les « seigneurs », en partie par application du droit, en partie par usurpation. Mais Nice n’est pas encore comté, simplement viguerie, au même rang que ses voisines Barcelonnette, Grasse, Lantosque, Puget...

(D’après Hervé Barelli, Lou Sourgentin, n° 156.)

La dédition de 1388

La suzeraineté de l’espace frontalier que représente la marche niçoise est régulièrement remise en cause. Bien que toujours dépendante du comté de Provence, Nice peut négocier directement des alliances avec Gênes ou Pise. Cette autonomie acquise au XIIe siècle et l’éloignement fréquent des comtes catalans, résidant souvent à Barcelone, poussent les Niçois à se rapprocher des Ligures pour conforter leur liberté. Alphonse Ier confirme les privilèges niçois en 1176, après une campagne militaire conduite par Raimond Bérenger III. Mais les affaires se gâtent pour quelques nobles niçois, dont Badat et Riquier, lorsque le comte Raimond Bérenger V retire ses franchises à la ville en 1229, avant de mater un complot progénois en décembre de la même année. Alors intégrée à la baillie d’outre-Siagne, Nice reçoit Romée de Villeneuve comme viguier. La tentation génoise semble s’éloigner, mais Charles Ier d’Anjou, futur roi de Sicile et héritier du comté de Provence, annexe la vallée de la Roya, ancien territoire du comté de Vintimille, élargissant ainsi vers l’est l’espace niçois.
Après le règne tumultueux de la reine Jeanne, le comté de Provence se trouve déchiré entre Louis d’Anjou et Charles de Duras. La noblesse niçoise choisit le camp du second, contre le restant de la Provence qui choisit Louis d’Anjou. À partir de 1385, les Grimaldi de Beuil, Génois ambitieux bien implantés dans la région niçoise, commencent à comploter : Jean est nommé en 1387 gouverneur de la Provence orientale par Marguerite de Duras. En septembre 1388, il obtient la dédition à la maison de Savoie, changeant définitivement le destin de la région niçoise.
Par cet acte, qui n’entraîne que très lentement le changement de domination, Nice devient une capitale provinciale. L’ancienne noblesse, mécontente de l’ascension des nouveaux notables promus par les maîtres savoyards, résiste puis émigre vers la Provence, tels les Barras, Flotte, Glandèves, Puget. Les Grimaldi deviennent une puissance incontournable, possédant de vastes fiefs dans l’arrière-pays niçois, avec une fâcheuse tendance aux complots et aux ambitions démesurées.

(D’après Jean-Michel Bessi, Lou Sourgentin, n° 156.)

Les barbets et la première annexion de 1792

Le comté de Nice occupe une position privilégiée : dans la mouvance de la maison de Savoie depuis 1388, le comté commande d’est en ouest le passage entre la Provence et la péninsule italienne. Sa limite occidentale est remaniée le 24 mars 1760 par le traité de Turin, les lignes frontalières du Var et de l’Estéron sont simplifiées : Aiglun, Bonson, Coursegoules, Les Ferrés et Gattières deviennent françaises, alors que Auvare, la Croix, Daluis, Guillaumes, Puget-Rostang et Saint-Léger passent sous domination du royaume de Piémont-Sardaigne. Le fleuve Var constitue un obstacle important : jusqu’en 1792, on ne peut le franchir qu’avec un bac ou à gué ; il faut compter près de 40 heures de voyage pour se rendre de Nice à Aix-en-Provence.
À l’aube de la Révolution française, les émigrés français, dont une majorité de Provençaux, se réfugient par centaines dans le comté de Nice, devenant ainsi l’un des quartiers généraux de la contre-Révolution. Fin 1790, une deuxième vague de Provençaux comprend essentiellement les évêques, prêtres et religieux qui refusent la Constitution civile du clergé votée par la Constituante le 12 juillet 1790. En avril 1792, le nombre des émigrés français est estimé à environ 1 500. La France et le royaume de Sardaigne rompent leurs relations diplomatiques le 2 mai 1792. Le 29 septembre 1792, les troupes de l’armée française, sous le commandement du général d’Anselme, franchissent le Var et envahissent la ville de Nice, livrée pendant deux jours aux pillages, aux exactions et à la violence primitive de la part des soldats français. Pendant deux mois, d’Anselme exerce une dictature militaire, et met en place une administration provisoire sous la direction du Provençal Barras.
Après la conquête rapide du littoral, d’Anselme jette le 12 octobre 1792 sur l’arrière-pays trois colonnes, commandées par les généraux Barral, Brunet et Dumerbion. Si la population rurale n’oppose au départ aucune réaction défavorable à l’intrusion militaire française, un retournement d’opinion a rapidement lieu sous le poids des réquisitions imposées par l’armée, dont son chef, d’Anselme, est l’ordonnateur. Les charges militaires, les incendies volontaires, les viols, les extorsions, les excès du comportement des occupants ne font qu’exacerber et accélérer les mouvements de résistance. La situation est de plus en plus mal supportée par les autochtones terrorisés et ulcérés. Les paysans prennent les armes et gagnent le maquis sur les hauteurs des villages, dans les taillis, les rochers, pour se joindre aux milices régulières sardes, formant ainsi le barbetisme historique. Les barbets harcèlent les arrières de l’armée française, ils sont considérés par l’occupant comme de vulgaires criminels, attisant la soif de vengeance des Français. Le 31 janvier 1793, la Convention vote à l’unanimité la réunion du comté de Nice à la France. Le 4 février, cette même Convention promulgue le décret qui constitue le 85e département français sous le nom de département des Alpes-Maritimes.
La situation financière et économique de l’hiver 1793, les pillages continuels de la part de l’armée française augmentent encore davantage le désespoir qui s’empare des paysans. La colère et la haine se répandent, le refus de la conscription provoque le grossissement des bandes de barbets. La région devient une zone de résistance obstinée à la Révolution française, un territoire hostile à l’imposition du pouvoir français. Le général de brigade André Masséna, décidé à détruire ce mouvement de résistance, organise des mesures anti-barbets. Les représentants de l’État français, appuyés par les jacobins et les sociétés populaires, considèrent que pour mettre un terme à ces « brigandages », il faut traiter les barbets comme « les brigands de la Vendée » ou les chouans en Bretagne. En riposte, les barbets enlèvent sur les routes chariots et mulets, commettent des assassinats, et malmènent la républicanisation du comté de Nice.
Il faut attendre mai 1794 pour que l’ancien comté de Nice soit sous domination française. Mais cela ne signifie pas le rétablissement de l’ordre et de la sécurité : les bandes de barbets continuent d’infester l’arrière-pays et entretiennent un climat de confusion et de troubles. La défaite des troupes austro-sardes en avril 1796 conduit Victor-Amédée III, souverain du royaume de Piémont-Sardaigne, à renoncer – par le traité de Paris signé le 10 mai 1796 – au comté de Nice et à la Savoie, et cède « à perpétuité » ces territoires à la jeune République française. Le Piémont est en totalité neutralisé, permettant à l’armée d’Italie d’emprunter routes et cols pour conduire l’expansion révolutionnaire.
Les soldats sardes et piémontais démobilisés viennent grossir les rangs des barbets, organisés en maquis autonomes, qui gagnent désormais leur renommée de maîtres de l’arrière-pays, obligeant le général en chef Kellerman à réagir avec fermeté. Certains cantons de l’arrière-pays, tels Roquebillière ou Val-de-Blore, sont surnommés des « petites Vendée ». Le barbetisme connaît une nouvelle flambée en 1799 (an VII), provoquée par les persécutions religieuses qui ont repris en décembre 1798, et en 1800 (an VIII), à la suite de l’offensive austro-sarde de reconquête de ses anciens territoires. En vendémiaire an VIII, des patrouilles autrichiennes font incursion dans les hautes vallées de la Tinée et de la Vésubie. L’armée d’Italie sous le commandement de Masséna subit de lourds revers en Italie du nord face aux Autrichiens, et se replie sur Nice, où les 3 000 rescapés, malades et blessés arrivent dans un dénuement total et vont provoquer une grave épidémie.
La voie est libre pour les troupes austro-sardes qui entrent dans Nice le 9 mai 1800. Les barbets se livrent alors à une chasse aux patriotes francophiles. Mais le temps de l’apaisement est venu, l’administration civile s’efforce de remettre en état un département dévasté. Les derniers foyers barbets, en particulier à Aspremont, se réduisent à un brigandage endémique. Après quelques derniers soubresauts, le calme revient définitivement lorsque l’armée austro-sarde reprend possession de l’ancien comté de Nice. Le 30 mai 1814, Victor-Emmanuel Ier signe le traité de Paris par lequel le comté de Nice retourne au royaume du Piémont, les Niçois retrouvant par ce retour au passé leur souverain légitime et leurs traditions.

(D’après Michel Iafelice, Barbets !)

L’annexion de 1860

Texte

(D’après Xxx, Xxx)

 

Les éléments historiques sont extraits, pour partie, de :
     • Iafelice (Michel), Barbets ! Les résistances à la domination française dans le pays niçois (1792-1814) ;
     • revue Lou Sourgentin.

© 2001-2017 Jean-Gabriel Maurandi


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