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Éléments historiques du comté de Nice
1. De la viguerie provençale au comté de Nice 2. La dédition de 1388 3. Les barbets 4. L’annexion de 1860
Le but de cette page n’est pas de présenter une vision exhaustive de l’histoire du comté de Nice – qui n’aurait pas sa place dans un site dédié à la musique traditionnelle –, mais simplement de donner des repères historiques permettant de mieux comprendre comment les traditions musicales du comté s’insèrent dans la trame historique, brassée et agitée, du pays niçois.
De la viguerie provençale au comté de Nice
Pour administrer efficacement son empire, compte tenu de son étendue, Charlemagne décide de mettre en place des représentants locaux qui exercent le pouvoir en son nom, dans un territoire précis et délimité. L’empire carolingien est donc divisé en circonscriptions à la tête desquelles l’empereur nomme des fonctionnaires. Ceux-ci reçoivent des titres correspondant essentiellement à leur pouvoir militaire : dux, ou duc – le chef –, et marquis qui administrent les marquisats ou marches, ces territoires frontaliers ; comte, qui administre un comté, territoire ordinaire. Autour de Nice existent à l’est le comté de Vintimille, au nord le marquisat d’Ivrée puis de Piémont. Nice est une ville du comté de Provence. Plus loin, existent le comté de Savoie et le marquisat d’Italie. Durant la première moitié du IXe siècle, les invasions normandes au nord, hongroises à l’est et sarrasines au sud menacent et affaiblissent l’empire carolingien. Charlemagne ne peut faire face ; ses représentants locaux, au contact de la réalité, confisquent peu à peu le pouvoir à leur profit, s’accaparent terres domaniales et autorité de justice, créent des dynasties. Progressivement, duchés, marquisats et comtés deviennent de petits États, qui vont se transmettre par voie héréditaire. En Provence s’installent les Bosonides, dynastie fondée par Boson, dernier fonctionnaire carolingien et premier comte « autonome » de Provence. Mais du fait des difficultés de communication de cette époque, le pouvoir des ducs, marquis et comtes est trop faible ; ceux-ci délèguent à leur tour auprès de fonctionaires locaux, sans titres, payés en terres et en droits, qui vont devenir localement autonomes, puissants et riches. Le comte de Provence lui-même n’exerce réellement son pouvoir que sur la région autour d’Arles, la capitale. À partir de 972, la coalition du comte de Provence et du marquis de Piémont réussit à repousser les Sarrasins. Le repeuplement qui s’ensuit provoque une « renaissance » tout à la fois humaine, économique, urbaine, politique et sociale. Ne pouvant trouver sur place les administrateurs de confiance nécessaires, les comtes de Provence recrutent dans la basse vallée du Rhône des nobles qu’ils connaissent, pour leur confier la gestion des territoires autour de Nice. La noblesse niçoise est alors arlésienne ou avignonaise, ainsi en est-il des Thorame, Faucon ou Glandèves. Mais les premiers « seigneurs », Odile et son fils Rostaing, ne semblent toutefois pas fonder une réelle dynastie. D’abord avec le titre de vicomte (c’est-à-dire vice-comte, simple représentant du comte, sans autonomie réelle) aux Xe et XIe siècles, puis avec celui de viguier à partir du XIIIe siècle (Nice n’est que l’une des vingt-huit vigueries du comté de Provence), ces fonctionnaires ne parviendront jamais à exercer pleinement leur pouvoir face à la résistance des Niçois qui cherchent à ériger la ville en commune, à l’exemples de Gênes. Quant à la pyramide féodale, sa hiérarchie n’apparaît pas aussi clairement dans notre région que dans la France septentrionale. Dès le XIe siècle, deux situations se superposent : Nice et quelques villages de l’arrière-pays, dont Lucéram, Sospel, Utelle, se constituent en « républiques communales » ; dans le reste de la montagne, les anciens protégés des comtes de Provence se taillent peu à peu des fiefs dont ils deviennent les « seigneurs », en partie par application du droit, en partie par usurpation. Mais Nice n’est pas encore comté, simplement viguerie, au même rang que ses voisines Barcelonnette, Grasse, Lantosque, Puget...
| (D’après Hervé Barelli, Lou Sourgentin, n° 156.) |
La dédition de 1388
La suzeraineté de l’espace frontalier que représente la marche niçoise est régulièrement remise en cause. Bien que toujours dépendante du comté de Provence, Nice peut négocier directement des alliances avec Gênes ou Pise. Cette autonomie acquise au XIIe siècle et l’éloignement fréquent des comtes catalans, résidant souvent à Barcelone, poussent les Niçois à se rapprocher des Ligures pour conforter leur liberté. Alphonse Ier confirme les privilèges niçois en 1176, après une campagne militaire conduite par Raimond Bérenger III. Mais les affaires se gâtent pour quelques nobles niçois, dont Badat et Riquier, lorsque le comte Raimond Bérenger V retire ses franchises à la ville en 1229, avant de mater un complot progénois en décembre de la même année. Alors intégrée à la baillie d’outre-Siagne, Nice reçoit Romée de Villeneuve comme viguier. La tentation génoise semble s’éloigner, mais Charles Ier d’Anjou, futur roi de Sicile et héritier du comté de Provence, annexe la vallée de la Roya, ancien territoire du comté de Vintimille, élargissant ainsi vers l’est l’espace niçois. Après le règne tumultueux de la reine Jeanne, le comté de Provence se trouve déchiré entre Louis d’Anjou et Charles de Duras. La noblesse niçoise choisit le camp du second, contre le restant de la Provence qui choisit Louis d’Anjou. À partir de 1385, les Grimaldi de Beuil, Génois ambitieux bien implantés dans la région niçoise, commencent à comploter : Jean est nommé en 1387 gouverneur de la Provence orientale par Marguerite de Duras. En septembre 1388, il obtient la dédition à la maison de Savoie, changeant définitivement le destin de la région niçoise. Par cet acte, qui n’entraîne que très lentement le changement de domination, Nice devient une capitale provinciale. L’ancienne noblesse, mécontente de l’ascension des nouveaux notables promus par les maîtres savoyards, résiste puis émigre vers la Provence, tels les Barras, Flotte, Glandèves, Puget. Les Grimaldi deviennent une puissance incontournable, possédant de vastes fiefs dans l’arrière-pays niçois, avec une fâcheuse tendance aux complots et aux ambitions démesurées.
| (D’après Jean-Michel Bessi, Lou Sourgentin, n° 156.) |
Les barbets
Texte
L’annexion de 1860
Texte
Les éléments historiques sont extraits, pour partie, de : la revue Lou Sourgentin.
© 2001-2013 Jean-Gabriel Maurandi
Page créée le 16 décembre 2011

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