D'argent à une aigle de gueules, au vol abaissé, membrée, becquée et couronnée d'or, empiétant une montagne de trois coupeaux de sable issant d'une mer d'azur mouvant de la pointe et ondée d'argent.

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Au fifre niçois - Les traditions musicales du comté de Nice (MTCN)Musique traditionnelle du comté de Nice
Innou Seguran dins A lou fifre nissart - Li tradicioun musicali dòu coumta de Nissa (MTCN)   Innou Seguran in About fife from Nice - The musical traditions from County of Nice (MTCN)  Autres langues
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Innou Seguran fichier Midi de cet air de musique traditionnelle partition de l'air traditionnel
(Hymne aux Séguran) (1)
Paroles niçoises docteur Menu, musique C. Germano (éditions Bornemann). Traditionnel comté de Nice.

La bugadiera (blanchisseuse) Catherine Ségurane, héroïne du siège de la ville de Nice en 1543, et quelques autres célébrités, pas seulement locales, sont convoquées dans ce « lieu de mémoire » nostalgique. Voir également Ma qu era Catarina Segurana ?



Innou Seguran Hymne aux Séguran

Illustration parue dans La Ratapignata du 15 novembre 1934.

Innou Seguran Hymne aux Séguran

Plaque commémorative posée par le Coumitat dei tradissioun nissardi (Comité des traditions niçoises) le 25 novembre 1923 dans le Babazouk.
 1er couplet                
Terra doun l’eroisme poussa,
Brès de Massena e de Pepin,
Tu qu’as vist fuge Barbaroussa
Davan la massa de Catin,
O Nissa, la tan bèn noumada,
Filhola dei fier Phoucean,
Escout’ ancuei dai tiéu enfan
Toui lu laut e li allegri chamada.
 Terre où l’héroïsme pousse,
Berceau de Masséna (2) et de Pépin (3),
Toi qui a vu fuir Barberousse (4)
Devant la masse de Catherine (5),
Ô Nice, la si bien nommée (6),
Filleule des fiers Phocéens,
Écoute aujourd’hui de tes enfants
Toutes les louanges et les allègres aubades.

Refrain                
Flou dòu païs ligour,
Nissa, lou nouostr’ amour,
Ti saludan
E ti cantan.
Viva lu Seguran. (bis)
 Fleur du pays ligure,
Nice, notre amour,
Nous te saluons
Et te chantons.
Vive les Séguran (1). (bis)

2e couplet                
Que d’armada ai tiéu bort campèron (7),
Dai Rouman au Corsou Toundut ;
Que de fès lu nemic bramèron :
« Sauva ! que Paioun es vengut (8) ! »
Tala una liouna rabiousa
Scarta la manega de can.
Malur ! qu’un ti toquesse au flanc,
Piousella, dòu tiéu cors jiloua !
 Que d’armées à ton bord campèrent,
Des Romains au Corse tondu (9) ;
Que de fois les ennemis crièrent :
« Sauvez[-vous] ! que le Paillon est venu ! »
Telle une lionne enragée
Elle (10) écarte la bande (11) de chiens.
Malheur ! qu’un [seul] te touche au flanc,
Pucelle (12), de ton corps jalouse !

3e couplet                
Au pouort de Limpia s’estremavon
Tartana, galèra e batèu,
Bei alcyon que s’assoustavon
Souta l’ala dòu tiéu castèu !
E lou fier escrivèu coursari,
D’en mar descurben[t] lou dounjoun,
Su lou còu, viran[t] lou timoun,
S’alountanava dai tiéu barri.
 Au port Lympia s’enfermaient en lieu sûr
Tartanes, galères et bateaux,
Beaux alcyons qui se soutenaient mutuellement
Sous l’aile de ton château !
Et la fière crécerelle corsaire,
Depuis la mer découvrant le donjon,
Sur le [D’un] coup, virant le gouvernail,
Se (...) de tes murs d’enceinte.

4e couplet                
Que de França o que de Savoia
Fousses (13) en la vassalità,
Aujaves, en corou de joia,
Cantà la santa libertà !
Soubre la tourre floutejava,
Couma un bèu lys [e]spouscat de sanc,
La bandièra de satin blanc
M’au siéu aigla que flambejava !
 Que de France ou que de Savoie
Tu fusses dans la vassalité,
Tu osais, en chœur de joie,
Chanter la sainte liberté !
Sur la tour flottait,
Comme un beau lys éclaboussé de sang,
La bannière de satin blanc
Avec son aigle qui flamboyait !

5e couplet                
Mai proun rediren la tiéu gloria,
Nobla
Nicæa civitas !
Tu que, en filla de la vitoria,
De trofèu n’as counquist de tas.
Su d’una coucha triounfala
Facha de drapèu estrangié,
Pantaies dei jou de dangié,
Negada en l’or que dòu ciel cala !
 Jamais assez nous ne redirons ta gloire,
Noble Nicæa civitas (14) !
Toi qui, en fille de la victoire,
Des trophées a conquis des tas.
De sur une couche triomphale
Faite de drapeau étranger,
Tu rêves des jours de danger,
Noyée dans l’or qui du ciel tombe !

6e couplet                
En lou marmou – perla nissardi –
Fisses de noum que n’en soun car :
Cassini, Rancher, Leotardi,
Risso, Papacin – sciensa e art.
Roussi abilha de la tiéu rusca
T’acampavon de touti flou
Sigue lou pastel de Van Loo
O lou vert abaguié de Rusca !
 Dans le marbre – perles niçoises –
Tu fixes des noms qui nous sont chers :
Cassini (15), Rancher (16), Léotardi (17),
Risso (18), Papascendi (19) – sciences et art.
[De] rousses abeilles de ta ruche
Te portaient de toutes fleurs
Soit le pastel de Van Loo (20)
Ou le vert laurier de Rusca (21) !

7e couplet                
Luse en lou tem l’obra acabada ;
Pauve-ti, maire, en longa pas ;
Capite un jou la mauparada
E Nissart, bravan lou trapas,
Eretié dòu passat sublime
Que t’a mès la paumoula au front,
Per ti gardà dòu mendre affront
Seren pront à l’esfouors ultime !
 Luit dans le temps l’œuvre achevée ;
Repose-toi, mère, dans une longue paix ;
[Qu’]advienne un jour le gâchis (22)
Et les Niçois, bravant le trépas,
Héritiers du passé sublime
Qui t’a mis la palme au front,
Pour te garder du moindre affront
Seront prêts à l’effort ultime !

1. Les Niçois sont parfois assimilés, par antonomase, aux enfants de Catherine Ségurane.

2. André Masséna (Nice, 1758 - Paris, 1817), duc de Rivoli, prince d’Essling, maréchal de France, s’illustra aux batailles de Rivoli (1797), Zurich (1799), Essling et Wagram (1809). Le surnom d’« Enfant chéri de la victoire » lui aurait été attribué par Napoléon Ier.
Figure marquante du comté de Nice, célébré à Nice même par une place, une rue, un musée, un lycée... dans une vision partisane de l’histoire, Masséna a obtenu ces honneurs en combattant sa patrie d’origine et les barbets, mouvement contre-révolutionnaire niçois, comparable à la chouannerie bretonne et aux guerres de Vendée. La dédicace offerte par la municipalité de Levens témoigne de l’ambiguïté du personnage : « Fils du comté de Nice, serviteur de la France ».

3. Giuseppe Garibaldi, dit Pepin (Nice, 4 juillet 1807 - Caprera, 2 juin 1882). Héros des guerres du Risorgimento contre l’Autriche (1848, 1849, 1859), fondateur du mouvement des Chemises rouges et artisan de l’unification italienne, il combattit pour la France pendant la guerre franco-allemande de 1870-1871.

4. Khizir Khayr al-Dîn, dit Barberousse. Grand amiral de la flotte ottomane qui tint le siège devant Nice en 1543.

5. Pendant le siège de Nice par les troupes françaises de François Ier commandées par le duc d’Enghien, et la flotte turque de Barberousse, la ville est très durement malmenée. Le jour de l’Assomption, l’actuelle vieille ville reçut près d’un millier de boulets tirés par les canons de la flotte ottomane, venant s’ajouter aux milliers tombés les jours précédents, dont quelques murs portent encore témoignage en ce début de XXIe siècle. La défense niçoise faiblissant, Catherine Ségurane monte à la tour Sincaire et assomme de son battoir de bugadiera (blanchisseuse) un porte-étendard turc et lui arrache son drapeau. Malgré cet acte de courage, la ville basse se rend ; le château et ses occupants résistent jusqu’à l’arrivée des troupes de Charles-Quint et de Charles III de Savoie. Le siège sera levé par les occupants franco-turcs le 8 septembre 1543, laissant une région dévastée.
La tradition rapporte que Catherine compléta son acte héroïque par un geste plus prosaïque, qui choqua les prudes attaquants ottomans et les mit en fuite... Ces gestes enfreignant l’« un des tabous sur lesquels repose la société humaine » ont été nombreux depuis l’Antiquité : « Plutarque attribue le même geste à des femmes lyciennes qui, menacées par Bellérophon et par un raz-de-marée, chassèrent à la fois l’envahisseur et le fléau naturel en se dévoilant : héros et flots reculèrent, épouvantés. (...) Les femmes de la cour du roi [irlandais] Conchobar se dévoilent pour arrêter la fureur de Cuchulainn ; le héros irlandais recule aussi devant une vieille nourrice qui se défend par le même prestige. » (Salomon Reinach, Cultes, mythes et religions.) Jules César, De bello Gallica (Commentaires sur la guerre des Gaules, VII, 47, 5), rapporte également que les Gauloises de Gergovie ont imploré la pitié des Romains par un geste analogue. Paul Sébillot (Légendes et curiosités des métiers) ou Noël Du Fail (repris par Yvonne Verdier in Façons de dire, façons de faire...) racontent des détails exhibitionnistes comparables à propos de lavandières, dans plusieurs provinces de l’Ancien Régime.

6. Bien que le site ait été occupé depuis le Paléolithique (site de Terra Amata, vers -400 000 ans) par Homo erectus, l’histoire considère que Nice a été fondée au IVe siècle av. J.-C. par les Massaliotes, Phocéens établis à Massilia (Marseille), sous le nom de Nikaia (« la victoire », ou plus exactement « celle par qui la victoire arrive »).

7. Campejà est plus courant pour « camper ».

8. Paioun ven ! (Le Paillon « vient », c’est-à-dire déborde) : cri d’alerte que lançaient les Niçois riverains du fleuve côtier, prévenant de ses crues soudaines et redoutables. Et, a contrario : Paioun noun ven se noun es trouble (Le Paillon ne « vient » pas s’il n’est pas trouble).

9. Napoléon Ier.

10. Catherine Ségurane.

11. Manega, ramassis, poignée de gens, bande...

12. Ce qualificatif rapprochant Catherine Ségurane de Jehanne la Pucelle – Jeanne d’Arc –, son aînée du siècle précédent, est bien sûr une vision unificatrice – et réductrice – du XXe siècle, dont Catherine n’avait aucune conscience !

13. Fouguèsses est la forme complète de la 2e personne du singulier de l’imparfait du subjonctif !

14. Nicæa civitas fidelissima, devise de la ville de Nice, « La très fidèle (à la Maison de Savoie) cité de la victoire », qui a été réduite à Nicæa civitas en 1860, lors du 2e rattachement du comté de Nice à la France.
Nicæa civitas sacris monumentis illustrata (La ville de Nice illustrée par ses monuments sacrés) est le titre d’un ouvrage historique rédigé en 1657 par l’abbé Pierre Gioffredo (1629-1692), que l’on peut considérer comme le premier historien scientifique de Nice.

15. Famille de savants français d’origine italienne. Giovanni Domenico Cassini (Perinaldo, 8 juin 1625 - Paris, 14 septembre 1712), dit Cassini I, est le fondateur de la dynastie et le créateur de l’astronomie française. Né dans un village de l’arrière-pays entre Vintimille et Bordighera, à l’époque partie intégrante du comté de Nice, Cassini fut nommé en 1651 professeur d’astronomie à l’université de Bologne, après des études au collège des Jésuites de Gênes. Sa renommée dépassant les limites de l’Italie, Louis XIV l’invita en avril 1669, dans l’observatoire qu’il faisait construire à Paris. Il obtint la nationalité française à sa demande en 1673.

16. Joseph Rosalinde Rancher (Nice, 1784-1843).

17. Il peut s’agir :
   - soit de Jean Léotardi, né à Nice. Il a laissé un poème en plusieurs chants, La Niceade, écrit en italien et imprimé à Chambéry en 1530 ;
   - soit du baron Honoré de Sainte-Agnès Léotardi, né à Nice, décédé le 17 février 1660. Magistrat, Premier Consul de la ville de Nice en 1636, préfet du comté en 1638, sénateur en 1640. Auteur de nombreux poèmes en italien et en latin.

18. Joseph-Antoine Risso, dit Antoine Risso (1777-1845). Issu d’une des plus anciennes familles niçoises, il prend ses premières leçons de botanique à 11 ans auprès du professeur Balbis. À 12 ans, il est apprenti dans une pharmacie. Pharmacien, naturaliste, botaniste, météorologue, il sera aussi professeur au lycée du Parc-Impérial et conservateur du Jardin botanique.

19. François-Antoine Papascendi (Sospel, 19 avril 1656 - ?). Poète ardent et passionné, qui édita en 1697 à Naples plusieurs odes en langue française, très appréciées.

20. Famille de peintres français d’origine néerlandaise (XVIIe-XIXe siècles). Ici, il s’agit vraisemblablement de César Van Loo (Paris, 1743 - Paris, 1821), peintre paysagiste préromantique.

21. Jean-Baptiste Rusca (La Brigue, 1759 - Soissons, 1814), médecin puis militaire, s’est illustré pendant la répression des barbets : sa connaissance du terrain a permis aux troupes françaises de s’emparer de la forteresse de Saorge en avril 1794. Il a donné son nom à un palais de Nice et au collège de Tende.

22. Mauparada, gâchis, confusion, mauvaise tournure des événements.

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© 2001-2014 Jean-Gabriel Maurandi
Page créée le 28 novembre 2005. Mise à jour le 26 janvier 2012.


musiques traditionnelles du comté de Nice pour fifre et farandole

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