D'argent à une aigle de gueules, au vol abaissé, membrée, becquée et couronnée d'or, empiétant une montagne de trois coupeaux de sable issant d'une mer d'azur mouvant de la pointe et ondée d'argent.

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Au fifre niçois - Les traditions musicales du comté de Nice (MTCN)Musique traditionnelle du comté de Nice
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 Vous êtes ici : Accueil > Musique du MIDI ! > Airs du carnaval de Limoux > paroles Vedrines. Vendredi 24 janvier 2020, saint François de Sales. 
Janvier sans gelée n’amène jamais une bonne année. 
 

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Chanson traditionnelle du carnaval de Limoux, 1912.
Sur l’air La Valse brune, musique Georges Krier (1909).

Air utilisé en prélude aux sorties du matin. (La version chantée présente de légères différences par rapport à la version pour orchestre.)

Le titre Vedrines fait allusion à l’aviateur français Jules Védrines (1), candidat malheureux aux élections législatives de 1912. En ce début de XXe siècle, et pendant toute la Belle Époque, les exhibitions aériennes sont à la mode, et attirent une foule de curieux dans les champs autour des bourgades. Voici comment Jean Giono décrit un tel spectacle, qui s’est déroulé vers 1905 à Manosque, après la moisson :
« Un beau jour, l’avion arriva sur une éteule. On l’avait amené, démonté, dans une camionnette. Le mécanicien le rafistolait. Nous avions entendu parler de ces machines qui volent, mais nous n’en avions jamais vu. Quelques jours après, le mécanicien (qui était vraiment employé à toutes les sauces) alla coller des affiches sur nos murs et dans les villages avoisinants. C’était pour dire que le célèbre aviateur (...) volerait dans la vallée à plus de cent cinquante mètres, avec des aller-retour, et même en faisant “des huit”. Et le mercredi (...) tous les gens du bourg, plus tous les habitants du canton, s’installèrent autour du champ au milieu duquel tressautait, aux coups d’un vent assez fort, un vraiment très fragile “machin-chouette”. Il fallait payer cinq francs, c’était très cher. Après avoir bien regardé l’appareil, comme il ne se passait rien sauf la tressautante sauterelle dans ses haubans, on commença à murmurer, et enfin on réclama à haute voix : “Volez ! Volez !” D’autres même criaient : “Voleur !” Le mécanicien endossa une salopette : il était mis à plus de sauces qu’on ne croyait : c’était l’aviateur lui-même. (...) Pour l’instant, cet homme-orchestre bataillait contre le vent (...) il essayait de démêler ses cordes. Non, il ne faisait pas très beau ; des tourbillons de fin d’été secouaient durement le vent. On voyait bien que l’homme volant n’avait pas du tout envie de voler. (...) le zèbre sauta dans la carlingue, un volontaire lança l’hélice, et malgré le tumulte de la foule, on entendit tousser le moteur. Le gros cerf-volant fit deux ou trois sauts, puis il roula, se souleva, retomba, se souleva enfin, et le voilà en l’air. Silence stupéfait de la foule ! Il vola : aller-retour comme il avait dit, “en huit” comme il l’avait promis. (...) nous nous débattions entre notre stupeur et notre amour éperdu pour cet homme volant, cet ange vraiment. (...) C’étaient des “Oh !” C’étaient des “Ah !” et des gémissements quand il virait sur une aile, puis sur l’autre. »
Jean Giono, « L’habitude », La Chasse au bonheur.
 
Refrain               
Aco que brunzino
E le motur de Bédrino
Qu’a cabal sus sa machino
Filo com un rat...
Parel a l’esclaire
Aqui es a son afaire,
Semblo qué nadé dins l’aire
Com un passerat !
 Ce qui retentit (2)
C’est le moteur de Védrines
Qui, à cheval sur sa machine,
File comme un rat...
Pareil à l’éclair
Ici il est à son affaire,
Il semble qu’il nage dans l’air
Comme un moineau !

1er couplet               
E qu’es aco que s’enten dins la brumo ?
Qu’es aquel bruz, es un aucel sens plumo ?
Que fa « tuf-tuf », que runflo e que fumo,
Monto, desen e biro coma bol.
Le cap lebat nostre poble frisouno,
Cerco das els que pos ese aquel fol...
Mas coma ben de debes Carcasono
Canto a plen garganhol :
 Et qu’est ceci qui s’entend dans la brume ?
Quel est ce bruit, c’est un oiseau sans plumes ?
Qui fait « teuf-teuf », qui ronfle et qui fume,
Monte, descend et tourne comme il veut.
La tête levée, notre peuple frissonne,
Cherche des yeux qui peut être ce fou...
Mais comme bien des (...) Carcassonne
Chante à plein gosier :

2e couplet               
Dins le cel blu et lis com uno glaso
Gaitas, amics, aquel punt dins l’espaso
Qué pauc à pauc grossis e se desplaso
Qu’azidomen escalado tant naut.
Es un utis fai de boes e de telo,
Per le ména cal pas es un nigaut.
Vires un jorn crebara las estelos,
Nostres solel tant caut !
 Dans le ciel bleu et lisse comme un miroir
Guettez, amis, ce point dans l’espace
Qui peu à peu grossit et se déplace
Qui aisément escalade si haut.
C’est un outil fait de bois et de toile,
Pour le conduire il ne faut pas être un nigaud.
Vous verrez [qu’]un jour il crèvera les étoiles,
Notre soleil si chaud !

3e couplet               
Si les anciens que son morts a la guerro
De dins le leit se lebaron de terro,
Elis que an pas jamai saput so qu’ero
Que de bola, sarion al désespoir
Las mas sus cap daban aquel miracle,
Estabuzits, un frison dins le quer,
L’amagarion en cridant « Es le diable
Que desen dé l’Enfer ! »
 Si les anciens qui sont morts à la guerre (3)
De dans leur linceul se levaient de terre,
Eux qui n’ont jamais su ce qu’était
Que de voler, ils seraient au désespoir
Les mains sur [la] tête devant ce miracle,
Stupéfaits (4), un frisson dans la peau (5),
Ils le choieraient en criant « C’est le diable
Qui descend de l’enfer ! »

1. Jules Védrines (Saint-Denis, 1881 - Saint-Rambert-d’Albon, 1919). Il participa à de nombreuses courses aériennes (victoire sur « Paris-Madrid » en 1911), exécuta des missions audacieuses pendant la première guerre mondiale et réussit à atterrir sur le toit des Galeries Lafayette, à Paris, en 1919.
2. Brounzi ou brunzi : bourdonner, bruire, murmurer, retentir, siffler...
3. Ce texte ayant été composé avant la première guerre mondiale, il ne peut faire référence qu’à la querre de 1870 ou aux guerres napoléoniennes.
4. Estabourdit ou estabournit ou estabouzit : ébahi, étonné, interdit, pétrifié, stupéfait, surpris...
5. Quer ou quier : cuir, peau tannée d’un animal.

Discographie
• groupe folklorique limouxin « Les Arcadious », Carnaval de Limoux, disque vinyle 33 tours Productions MF, 93 Montreuil-sous-Bois, référence MV 753 024, ca 1971.

 

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musiques traditionnelles du comté de Nice pour fifre et farandole

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