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Calant de Vilafranca (En descendant de Villefranche) Traditionnel comté de Nice.
Voir également Mi sieu troumpa...

Dessin de Gustav Adolf Mossa pour illustrer Calant de Vilafranca. | | 1er couplet |
Calant de Vilafranca, Souta d’un caroubié, Faioun la contradansa Em’un sarjan fourié. | | En descendant de Villefranche, Sous un caroubier (1), Elles faisaient la contredanse Avec un sergent fourrier. |
Refrain |
Tralala, lalala, Li gandaula si maridon, Tralala, lalala, Li gandaula soun maridà. | | Tralala, lalala, Les dévergondées se marient, Tralala, lalala, Les dévergondées sont mariées. |
Ritournelle |
Vai que l’amour ti passera, Fai la vireta, fai la vireta, Vai que l’amour ti passera, Fai la vireta, fai la vira. | | Va, que l’amour te passera, Fais la pirouette, fais la pirouette, Va, que l’amour te passera, Fais la pirouette, fais le détour. |
2e couplet |
S’es maridat un rangou M’una qu’es sensa den. Sa maire n’es countenta, Soun paire n’en sau rèn. | | Un boiteux s’est marié Avec une édentée. Sa mère est contente, Son père n’en sait rien. |
3e couplet |
La filha n’es proumessa, Li an douna l’anèu. N’a plus de countentessa Que fin à San-Miquèu. | | La fille est promise (2), Ils lui ont donné l’anneau. Elle en a plus de satisfaction Que jusqu’à la Saint-Michel (3). |
1. Le caroubier a longtemps été cultivé dans le terroir de Villefranche-sur-Mer. Son bois a fourni sa belle couleur rouge à la marqueterie locale, très appréciée pendant tout le XIXe siècle. D’où le sobriquet suça carouba (« suce-caroube ») dont lu Vilafranquié ont été affublés. Un dicton local précise que les plus pauvres des jeunes filles à marier n’y recevaient parfois en dot qu’un caroubié e un barriéu de m... ! Un autre dicton informe qu’À Vilafranca, l’aiga ti manca, lou vin ti soubra, suça carouba (« À Villefranche, l’eau te manque, le vin te reste, suça carouba »).
2. Fiancée.
3. Très tôt, l’Église a christianisé le substrat des précédentes croyances sur lesquelles elle s’est développée. C’est par exemple le cas des fêtes païennes liées aux solstices et aux équinoxes, qui ont reçu le nom des archanges et des évangélistes : la Saint-Gabriel (a) le 24 mars, à proximité de l’équinoxe de printemps ; la Saint-Jean « d’été » le 24 juin, à proximité du solstice d’été ; la Saint-Michel le 29 septembre, à proximité de l’équinoxe d’automne ; Noël le 25 décembre et la Saint-Jean « d’hiver » le 27 décembre, à proximité du solstice d’hiver. Dans le monde rural, l’équinoxe d’automne – donc la Saint-Michel – marquait la fin des travaux des champs, la fin des récoltes ; c’était le moment de dresser le bilan de l’année agricole écoulée, de payer les fermages et de renouveler les engagements, en particulier pour les employés (de maison et des champs). Ici, la fille se mariera et s’établira vraisemblablement à la Saint-Michel, et en tire satisfaction par avance.
(a) Ce n’est que très récemment que la Saint-Gabriel a été déplacée du mois de mars pour être regroupée avec la Saint-Michel.
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© 2001-2013 Jean-Gabriel Maurandi
Page créée le 19 avril 2001. Mise à jour le 25 juillet 2012.

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